Par Jean-Frédéric Poisson
Tribune parue dans le Nouveau Conservateur n°31
D
epuis près de 4 ans, le Parlement, Assemblée nationale et Sénat, examine deux propositions de loi sur la fin de vie : une première concernant le développement urgent des soins palliatifs (qui fait consensus) et une deuxième proposition qui vise à légaliser le suicide, sous forme assistée ou déléguée à un soignant.
Emmanuel Macron a annoncé que cette loi devait être votée avant la fin de son mandat en 2027. Après tous ses échecs en matière économique et sociale depuis 9 ans, le président en fin de règne a donc décidé de rompre brutalement avec la tradition française de soins dans le cadre de l’accompagnement des personnes en fin de vie, au risque de diviser les Français.
En temps de paix, la vocation première de l’Homme, en particulier des professionnels de santé, est de prendre soin et de secourir les plus fragiles, de protéger la vie et la dignité humaines jusqu’aux derniers instants. Cette humanité dans le soin, c’est le cœur de notre civilisation. Pourtant, la France de Macron s’apprête malheureusement dans quelques semaines à remettre en cause notre modèle de soins avec cette loi visant à légaliser la mort provoquée par l’administration d’une substance létale, c’est-à-dire à donner la possibilité de se suicider avec l’assistance d’un tiers ou d’être suicidé par un médecin ou un infirmier.
C’est la douleur qui doit cesser – et non la vie !
Si la demande de mort d’un patient malade comme ultime moyen d’échapper à la souffrance est légitime et compréhensible, il n’en demeure pas moins que le rôle d’une Nation est de mettre tous les moyens en œuvre pour soulager un souffrant. En tout état de cause, c’est la douleur qui doit cesser et non la Vie. C’est le rôle et le devoir de la société d’y répondre avec les solutions médicales et humaines à sa disposition. Après la loi Leonetti de 2005, la loi Claeys-Leonetti de 2016 apporte la réponse légale et humaine à cet enjeu vital. Elle demeure pourtant méconnue et insuffisamment appliquée, notamment par manque de moyens et de volonté politique. De trop nombreux départements français n’ont pas encore de services de soins palliatifs et la permanence des soins n’y est pas assurée, faute de personnels soignants suffisants. L’urgence pour notre pays, c’est le développement des soins palliatifs !
Les soins palliatifs constituent une formidable avancée médicale, sociale et humaine. Ils offrent une prise en compte entière de la souffrance, un soulagement de la douleur avec un accompagnement des personnes dans toutes leurs dimensions, pour toutes leurs demandes et tous leurs besoins. Au service des plus vulnérables, ils sont la véritable incarnation de la fraternité, valeur dévoyée par certains pour justifier le franchissement d’une barrière de civilisation.
Le soin a pour finalité de soulager et non de donner la mort. Légaliser le suicide, quelle que soit sa forme, signifierait renoncer à traiter la douleur et la souffrance au moyen des soins palliatifs. Pourquoi démissionner à l’heure où les progrès de la médecine nous permettent de donner une réponse éthique à une problématique anthropologique ?
Enfin, une telle loi serait un terrible aveu d’échec et pour ainsi dire, un double échec, tant national qu’international. Il acte en France une incapacité de l’État à prendre en compte la douleur de ses concitoyens. Au niveau mondial, toutes les expériences de « droit à mourir » ont échoué et nous démontrent que les suicides encadrés se sont développés de manière exponentielle au détriment des soins palliatifs, c’est-à-dire au détriment du secours de la vie humaine.
Je forme le vœu que, face au camp du renoncement, la France montre au monde le chemin de l’espoir en demeurant le pays de la victoire de la vie. Que la France demeure à la hauteur de son histoire, une nation du soin, de la fraternité et de la dignité ; une France fière de sa voix si singulière et indépendante ; une France qui ne dévie jamais de la voie de la protection des plus faibles, des plus fragiles, des plus vulnérables, la voie de la raison et de l’équilibre : une France lumière du monde.
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epuis près de 4 ans, le Parlement, Assemblée nationale et Sénat, examine deux propositions de loi sur la fin de vie : une première concernant le développement urgent des soins palliatifs (qui fait consensus) et une deuxième proposition qui vise à légaliser le suicide, sous forme assistée ou déléguée à un soignant.
Emmanuel Macron a annoncé que cette loi devait être votée avant la fin de son mandat en 2027. Après tous ses échecs en matière économique et sociale depuis 9 ans, le président en fin de règne a donc décidé de rompre brutalement avec la tradition française de soins dans le cadre de l’accompagnement des personnes en fin de vie, au risque de diviser les Français.
En temps de paix, la vocation première de l’Homme, en particulier des professionnels de santé, est de prendre soin et de secourir les plus fragiles, de protéger la vie et la dignité humaines jusqu’aux derniers instants. Cette humanité dans le soin, c’est le cœur de notre civilisation. Pourtant, la France de Macron s’apprête malheureusement dans quelques semaines à remettre en cause notre modèle de soins avec cette loi visant à légaliser la mort provoquée par l’administration d’une substance létale, c’est-à-dire à donner la possibilité de se suicider avec l’assistance d’un tiers ou d’être suicidé par un médecin ou un infirmier.
C’est la douleur qui doit cesser – et non la vie !
Si la demande de mort d’un patient malade comme ultime moyen d’échapper à la souffrance est légitime et compréhensible, il n’en demeure pas moins que le rôle d’une Nation est de mettre tous les moyens en œuvre pour soulager un souffrant. En tout état de cause, c’est la douleur qui doit cesser et non la Vie. C’est le rôle et le devoir de la société d’y répondre avec les solutions médicales et humaines à sa disposition. Après la loi Leonetti de 2005, la loi Claeys-Leonetti de 2016 apporte la réponse légale et humaine à cet enjeu vital. Elle demeure pourtant méconnue et insuffisamment appliquée, notamment par manque de moyens et de volonté politique. De trop nombreux départements français n’ont pas encore de services de soins palliatifs et la permanence des soins n’y est pas assurée, faute de personnels soignants suffisants. L’urgence pour notre pays, c’est le développement des soins palliatifs !
Les soins palliatifs constituent une formidable avancée médicale, sociale et humaine. Ils offrent une prise en compte entière de la souffrance, un soulagement de la douleur avec un accompagnement des personnes dans toutes leurs dimensions, pour toutes leurs demandes et tous leurs besoins. Au service des plus vulnérables, ils sont la véritable incarnation de la fraternité, valeur dévoyée par certains pour justifier le franchissement d’une barrière de civilisation.
Le soin a pour finalité de soulager et non de donner la mort. Légaliser le suicide, quelle que soit sa forme, signifierait renoncer à traiter la douleur et la souffrance au moyen des soins palliatifs. Pourquoi démissionner à l’heure où les progrès de la médecine nous permettent de donner une réponse éthique à une problématique anthropologique ?
Enfin, une telle loi serait un terrible aveu d’échec et pour ainsi dire, un double échec, tant national qu’international. Il acte en France une incapacité de l’État à prendre en compte la douleur de ses concitoyens. Au niveau mondial, toutes les expériences de « droit à mourir » ont échoué et nous démontrent que les suicides encadrés se sont développés de manière exponentielle au détriment des soins palliatifs, c’est-à-dire au détriment du secours de la vie humaine.
Je forme le vœu que, face au camp du renoncement, la France montre au monde le chemin de l’espoir en demeurant le pays de la victoire de la vie. Que la France demeure à la hauteur de son histoire, une nation du soin, de la fraternité et de la dignité ; une France fière de sa voix si singulière et indépendante ; une France qui ne dévie jamais de la voie de la protection des plus faibles, des plus fragiles, des plus vulnérables, la voie de la raison et de l’équilibre : une France lumière du monde.

