Par Francis Jubert
Hier, 5 novembre, à Paris, une vingtaine d’anciens élèves de l’École polytechnique ont choisi de manifester en Grand Uniforme (bicorne, épée,…) au sein du cortège. Non pas pour le 14 juillet, non pas pour une cérémonie militaire, mais pour soutenir une mobilisation politique et syndicale.
C’est un détournement. Et c’est une faute.
L’arrêté du 14 décembre 2007 est limpide : il est strictement interdit de porter l’uniforme militaire « à l’occasion de toute activité ou manifestation à caractère syndical ou politique ».
Ce n’est pas une opinion. C’est le règlement. Le même qui a déjà valu, en 2018-2019, une plainte du commandement militaire de l’X contre un ancien élève qui s’était exhibé en uniforme lors d’une manifestation des Gilets jaunes.
Le Grand Uniforme n’est pas un costume de carnaval militant. C’est le symbole d’une école d’officiers, d’une tradition républicaine et d’une discipline. Le porter pour cautionner une manifestation politique, c’est l’instrumentaliser. C’est faire de l’institution un faire-valoir idéologique. C’est exactement ce que le règlement a voulu empêcher.
Il aurait été logique – et salutaire – que la direction de l’École polytechnique rappelle aussitôt le règlement. Que le commandement militaire ouvre les procédures prévues. Que ceux qui ont sciemment enfreint la règle assument les conséquences disciplinaires.
Son silence face à une violation aussi visible (https://x.com/humanite_fr/
On ne demande pas à tous les polytechniciens d’avoir les mêmes opinions. On leur demande de ne pas utiliser l’uniforme de la République comme une bannière partisane. L’X n’est pas un club militant. Son uniforme non plus.
Si l’École veut conserver ce qu’il lui reste de prestige et de sens de l’institution, elle doit faire respecter son propre règlement. Sans faiblesse, sans exception idéologique.

