0,00 EUR

Votre panier est vide.

Fin de vie : Et si la sagesse résidait dans le retrait du texte ?

Par Maroun  Badr , Francis Jubert et Guillaume de Thieulloy 

Le rejet massif du projet de loi sur la fin de vie par le Sénat n’est pas qu’un simple accident de parcours législatif. C’est un signal métaphysique et politique majeur.

Alors que la navette parlementaire semble s’engager dans une impasse technique, une option émerge, radicale par sa simplicité et salvatrice par sa portée : le retrait pur et simple du texte par le Premier ministre.

L’illusion d’un consensus impossible

Depuis des mois, l’Exécutif tente de construire une « voie française » qui serait, selon la formule consacrée, un « équilibre ». Mais en matière d’éthique de la vie, le « en même temps » est une aporie.  On ne peut pas, dans un même mouvement, affirmer que la mission du soignant est de protéger la vie et lui demander d’administrer la mort.

Le rejet du volet « Aide à Mourir » par la Chambre Haute démontre que le pays n’est pas mûr pour cette rupture anthropologique. Le Premier ministre a aujourd’hui l’opportunité de constater l’absence d’unanimité. Gouverner, c’est aussi savoir renoncer à une réforme qui divise trop profondément les consciences et qui heurte de front la déontologie médicale.

Les soins palliatifs : la seule véritable « voie française »

En retirant ce texte, le Gouvernement ferait un choix de civilisation. Il acterait que la spécificité de notre modèle ne réside pas dans l’imitation des législations belge ou suisse, mais dans l’approfondissement de la loi Claeys-Leonetti.

La « voie française », c’est le refus de l’obstination déraisonnable allié au refus de l’abandon. C’est la solidarité nationale manifestée par l’accompagnement du patient jusqu’au bout de sa vie naturelle, sans jamais hâter le dénouement. 

En recentrant l’action publique exclusivement sur le plan décennal de développement des soins palliatifs, le Premier ministre répondrait à l’urgence réelle : celle de l’accès aux soins.

Rappelons qu’aujourd’hui encore, près de 50% des patients nécessitant des soins palliatifs n’y ont pas accès. La dignité ne se décrète pas par une injection létale ; elle se construit par une présence humaine et technique auprès de celui qui souffre.

Un choix de cohérence budgétaire et humaine

Le retrait du texte permettrait de lever une ambiguïté délétère sur l’allocation des ressources. Dans un système de santé à bout de souffle, proposer l’aide à mourir avant d’avoir assuré l’universalité des soins palliatifs est un non-sens éthique, voire une injonction budgétaire déguisée.

Recentrer l’effort sur les unités de soins palliatifs (USP), la mise sur pied de Maisons d’accompagnement, la formation des médecins et le soutien aux aidants est le seul projet capable de rassembler les Français. 

C’est un projet de vie, là où le texte actuel est perçu, par beaucoup, comme un aveu de faiblesse de la société.

Conclusion : Retrouver le sens du politique

Le Nouveau Conservateur ne peut que plaider pour ce retour au réel. Le Premier ministre a le pouvoir de clore une séquence qui n’a que trop duré. En choisissant le retrait, il ferait preuve d’une autorité d’une autre nature : celle qui sait écouter les sages, les soignants et les institutions pour préserver l’unité de la nation autour de sa valeur la plus sacrée : l’interdit de tuer.

L’heure n’est plus aux bricolages législatifs pour tenter de sauver un texte dénaturé. L’heure est à la clarté. La France doit rester une terre de soins, pas devenir un laboratoire du suicide assisté.

Voir aussi

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici